La dysgraphie chez l'enfant
La dysgraphie est un trouble du geste d’écriture. Écrire reste pour l’enfant un acte conscient, lent et coûteux, alors qu’il devrait devenir automatique.
Le résultat est une écriture peu lisible, une lenteur importante, et souvent une vraie douleur.
Les signes de dysgraphie selon l'âge
La dysgraphie se repère à l’œil nu, à condition de savoir quoi regarder.
En maternelle et au CP
Une tenue du crayon très crispée ou inhabituelle, des lettres tracées dans un ordre étrange, une grande difficulté à reproduire des formes simples.
En primaire
Une écriture irrégulière qui ne tient pas la ligne, une taille de lettres qui varie dans le même mot, et une lenteur telle que l’enfant ne finit jamais de copier ce qui est au tableau.
Au collège
La prise de notes devient ingérable, les copies sont difficiles à lire pour les professeurs, et les notes chutent faute de temps pour finir.
Un geste qui ne s'automatise pas
Écrire suppose de coordonner la posture, le bras, la main et les doigts, tout en tenant compte de ce que l’œil contrôle. Chez la plupart des enfants, cette coordination devient automatique au cours du primaire. Chez l’enfant dysgraphique, elle ne le devient pas.
Il doit donc penser à la forme de chaque lettre pendant qu’il réfléchit au contenu. Comme les deux tâches se disputent les mêmes ressources, l’une des deux s’effondre. En général, c’est le contenu.
C’est aussi ce qui explique la douleur. Faute d’automatisme, l’enfant compense par la force : il serre le stylo, appuie trop, se crispe jusqu’à l’épaule, et la fatigue arrive en quelques lignes.
Ce qu'il ne faut pas confondre avec la dysgraphie
La dysgraphie accompagne très souvent une dyspraxie, et les deux se confondent. La différence tient à l’étendue : si seule l’écriture pose problème, on parle de dysgraphie. Si l’habillage, les couverts, le découpage ou le vélo posent aussi problème, il faut explorer la dyspraxie.
Une écriture peu soignée chez un enfant pressé n’est pas non plus une dysgraphie. Ce qui compte, c’est la lenteur, la douleur et la persistance malgré l’effort.
Qui fait le bilan de dysgraphie ?
L’ergothérapeute et le psychomotricien réalisent le bilan du geste graphique. Ils observent la posture, la tenue de l’outil, la vitesse, la lisibilité et la fatigue, et comparent les résultats à ceux des enfants du même âge.
L’orthophoniste intervient en complément si le langage écrit est également touché. Attention au point financier : les bilans d’ergothérapie et de psychomotricité ne sont pas remboursés en libéral. Notre page sur le bilan détaille les dispositifs qui permettent d’éviter le reste à charge.
Ce qui aide à la maison
Écrivez moins
Réduisez la quantité à écrire plutôt que d’exiger une meilleure qualité.
Testez le matériel
Un plan incliné, plusieurs stylos : le confort varie beaucoup d’un enfant à l’autre.
Acceptez l’oral
Pour tous les devoirs qui ne portent pas sur l’écriture.
Photographiez les leçons
Plutôt que de les faire recopier.
Oubliez la beauté du cahier
C’est l’effort qui compte, pas le rendu.
Les aménagements à l'école
Les mesures efficaces sont simples : photocopies des cours pour supprimer la copie, temps supplémentaire, réduction du nombre d’exercices écrits et évaluation à l’oral quand la matière le permet. L’ordinateur n’est pas un abandon mais une compensation, au même titre que des lunettes, et son introduction se décide avec le professionnel qui suit l’enfant. Ces mesures se demandent dans le cadre d’un PAP.
Les questions que se posent les parents
À partir de quand s'inquiéter d'une écriture illisible ?
L’écriture devrait devenir lisible et à peu près régulière au cours du CE1 et du CE2. Au-delà, une écriture qui reste douloureuse, très lente ou indéchiffrable justifie un avis.
L'ordinateur peut-il être financé ?
Oui, mais pas par l’école dans le cadre d’un PAP. Le financement du matériel relève d’un PPS, donc d’un dossier auprès de la MDPH de votre département.
Faut-il insister sur l'écriture cursive ?
La question se tranche avec le professionnel qui suit l’enfant. La rééducation du geste garde son intérêt un temps, mais s’acharner des années sur un geste qui ne s’automatise pas coûte cher en confiance.
Mon enfant écrit bien quand il s'applique, est-ce vraiment une dysgraphie ?
C’est même un signe. L’enfant dysgraphique peut produire une belle ligne en y mettant toute son attention, mais il ne peut pas la tenir sur une page entière, ni écrire et réfléchir en même temps.