La dysphasie chez l'enfant

La dysphasie est un trouble durable du langage oral. On parle aujourd’hui de plus en plus de trouble développemental du langage, et vous croiserez les deux termes.

L’enfant construit son langage lentement et de façon atypique, sans que cela s’explique par une surdité, un trouble autistique ou une déficience intellectuelle.

Les signes de dysphasie selon l'âge

Elle se repère tôt, bien avant l’entrée à l’école élémentaire.

En maternelle

Peu ou pas d’association de deux mots à deux ans et demi, un enfant que les personnes extérieures à la famille ne comprennent pas après trois ans, des phrases très courtes où les petits mots manquent.

En primaire

Une recherche visible du mot juste, des mots remplacés par d’autres proches par le son ou le sens, des consignes comprises seulement avec un geste, et un apprentissage de la lecture difficile.

Au collège

Les consignes longues et le vocabulaire propre à chaque matière deviennent un obstacle, et raconter ou argumenter à l’oral reste très coûteux.

Deux versants du langage, souvent inégaux

Le langage se joue sur deux plans. Le versant expressif, c’est ce que l’enfant produit. Le versant réceptif, c’est ce qu’il comprend.

Les deux peuvent être touchés séparément, et c’est important. Un enfant qui parle peu mais comprend tout n’est pas dans la même situation qu’un enfant qui parle beaucoup sans comprendre les consignes. Le second est souvent repéré bien plus tard, parce qu’il donne le change.

Dans les deux cas, le langage n’est pas seulement en retard. Il se construit de travers, avec des phrases mal structurées et des mots qui ne viennent pas, même quand l’enfant sait très bien ce qu’il veut dire.

Ce qu'il ne faut pas confondre avec la dysphasie

Beaucoup d’enfants parlent tard puis rattrapent seuls leur retard, sans aucune séquelle. La distinction tient à deux choses : la persistance et la structure. Un retard simple se comble, souvent avant six ans. Un trouble développemental du langage persiste, et le langage reste construit de travers.

Cette distinction ne se fait qu’avec le temps et avec un professionnel. Elle ne doit donc jamais servir de prétexte pour attendre : le langage oral est le socle de l’écrit, et consulter tôt ne coûte rien.

Nos ressources sur la dysphasie

Trois packs lui sont consacrés, en maternelle, en primaire et au collège, avec vingt documents chacun.

Dysphasie Primaire

Dysphasie Primaire

Dysphasie Collège

Qui fait le bilan de dysphasie ?

L’orthophoniste est le professionnel de référence, et son bilan est pris en charge sur prescription. Une consultation ORL s’impose en parallèle, pour écarter formellement un trouble auditif, y compris chez un enfant qui semble bien entendre.

Le neuropsychologue intervient dans un second temps si nécessaire. Le diagnostic est ensuite posé par un médecin formé, à partir de ces éléments.

Ce qui aide à la maison

Reformulez sans faire répéter

Redites correctement sa phrase, sans jamais lui demander de la répéter.

Des phrases courtes

Et regardez-le quand vous lui parlez.

Laissez-le finir

Terminer ses phrases à sa place le prive de l’entraînement dont il a besoin.

Un geste avec la consigne

Accompagnez chaque consigne d’un geste ou d’une image.

Un album par jour

Lisez ensemble en nommant ce que vous voyez sur les images.

Les aménagements à l'école

Les consignes doivent être données une par une, reformulées et si possible illustrées. Prévoyez un temps de réponse allongé à l’oral et des supports visuels systématiques. Selon l’intensité du trouble, un PAP peut suffire, mais un PPS devient nécessaire si une AESH est requise.

Les questions que se posent les parents

Oui. Le trouble peut ne toucher que l’expression. Un bilan orthophonique fait le point, et un avis précoce ne fait jamais perdre de temps.

Non, élever un enfant dans deux langues ne provoque aucun trouble. En revanche, cela complique parfois le repérage, d’où l’importance d’évaluer l’enfant dans sa langue la plus forte.

Personne ne peut le promettre, et méfiez-vous de ceux qui le font. Ce que l’on sait, c’est que la prise en charge précoce et régulière améliore la communication, et que beaucoup d’enfants développent des moyens efficaces de se faire comprendre.

Souvent, oui. Un enfant qui ne parvient pas à dire ce qu’il veut l’exprime autrement. Une partie des comportements difficiles s’apaise à mesure que la communication s’installe.