Les troubles dys

de quoi parle-t-on vraiment ?

Les troubles dys sont des troubles du neurodéveloppement. Autrement dit, le cerveau de l’enfant traite certaines informations autrement, et cela depuis toujours. Ce n’est pas une maladie, ce n’est pas un retard qui se rattrape, et cela n’a aucun rapport avec l’intelligence.

C’est justement ce dernier point qui déroute les familles. Un enfant dys est souvent vif, curieux, plein de ressources à l’oral, et pourtant il échoue sur des tâches que ses camarades réussissent sans y penser.

Sept troubles, sept fonctionnements

On parle des troubles dys au pluriel, car ils ne touchent pas les mêmes fonctions. Voici les sept que nous couvrons, avec ce qui les distingue.

Dyslexie

L’identification des mots écrits, donc la lecture

Dysorthographie​

La production écrite et l’orthographe dans sa globalité

Dysgraphie

Le geste d’écriture lui-même, sa vitesse et sa lisibilité

Dyscalculie

Le nombre, le calcul et le raisonnement mathématique

Dyspraxie

La coordination et les gestes appris, du laçage au découpage

Dysphasie

Le langage oral, en production, ou en compréhension

TDAH

L’attention, l’impulsivité et parfois l’agitation motrice

Ils arrivent rarement seuls

Voilà l’information que les familles découvrent trop tard. Les troubles dys s’associent très souvent entre eux. Une dyslexie s’accompagne fréquemment d’une dysorthographie. Une dyspraxie s’accompagne souvent d’une dysgraphie. Le TDAH se combine régulièrement avec un trouble des apprentissages.

En pratique, cela veut dire qu’un seul bilan suffit rarement, et qu’un diagnostic posé ne ferme pas la porte aux autres. Si quelque chose continue de coincer après la mise en place d’un suivi, reparlez-en au médecin plutôt que de conclure que votre enfant ne fait pas d’efforts.

Combien d'enfants sont concernés

Les estimations varient selon les critères retenus et selon les études. On retient généralement que les troubles spécifiques des apprentissages concernent environ 5 à 8 % des enfants d’âge scolaire, et le TDAH environ 5 %.

Concrètement, cela représente au moins un enfant par classe. Vous n’êtes donc pas dans une situation rare, même si l’entourage vous donne parfois l’impression du contraire.

Ce que les troubles dys ne sont pas

Quelques idées reçues coûtent très cher en temps perdu. Autant les écarter tout de suite.

Ce n'est pas un manque de travail

Un enfant dys fournit souvent plus d’efforts que les autres pour un résultat moindre

Ce n'est pas un problème d'éducation

Ni un défaut de motivation

Ce n'est pas lié au niveau intellectuel

Le diagnostic suppose justement d’écarter une déficience intellectuelle

Qui pose le diagnostic ?

Le diagnostic d’un trouble du neurodéveloppement relève d’un médecin formé, à partir des bilans réalisés par les professionnels paramédicaux. Ces bilans ne posent pas le diagnostic, ils le documentent, chacun dans son domaine.

Avant tout cela, une règle vaut de l’or : faites vérifier la vue et l’audition. Un enfant qui voit mal ou entend mal présente exactement les mêmes signes qu’un enfant dys. C’est rapide, c’est remboursé, et beaucoup de familles perdent une année faute de l’avoir fait.

Par où commencer

Si vous en êtes au stade du doute, lisez d’abord la page dédiée aux premiers signes. Si un bilan est déjà engagé, la page sur le bilan et les professionnels vous dira qui consulte pour quoi. Et si le sujet est l’école, tout est détaillé dans la rubrique des démarches.

Les questions que se posent les parents

Un enfant peut-il avoir plusieurs troubles dys ?

Oui, et c’est même la situation la plus fréquente. On parle alors de troubles associés, ou de comorbidités. Une dyslexie s’accompagne très souvent d’une dysorthographie, une dyspraxie d’une dysgraphie.

Les troubles dys se guérissent-ils ?

Non, ce ne sont pas des maladies. Le trouble reste présent toute la vie. En revanche, l’accompagnement permet de construire des stratégies de compensation, et l’écart avec les autres se réduit nettement.

Les troubles dys sont-ils héréditaires ?

Une composante familiale est souvent retrouvée, en particulier pour la dyslexie. Cela ne signifie pas qu’un enfant de parent dys le sera forcément, mais cette information mérite d’être signalée au médecin.

À quel âge peut-on poser un diagnostic ?

Cela dépend du trouble. La dysphasie et la dyspraxie se repèrent dès la maternelle. La dyslexie, la dysorthographie et la dyscalculie supposent un an ou deux d’apprentissage, donc rarement avant la fin du CE1.