La dyspraxie chez l'enfant

La dyspraxie, appelée aussi trouble développemental de la coordination, touche les gestes appris. L’enfant n’automatise pas les mouvements qui devraient le devenir : s’habiller, lacer, découper, écrire, faire du vélo.

Elle concernerait environ 5 % des enfants.

Les signes de dyspraxie selon l'âge

La dyspraxie se repère souvent dès la maternelle, bien avant les apprentissages scolaires.

En maternelle et au CP

Un habillage très long et désordonné, des difficultés durables avec les couverts, les boutons et le laçage, un découpage et un coloriage évités ou bâclés.

En primaire

Une écriture lente et coûteuse, une géométrie et des opérations posées très difficiles, un vélo, une piscine et des jeux de ballon qui restent compliqués longtemps.

Au collège

L’organisation du cartable et de l’agenda s’effondre, le repérage dans l’établissement est difficile, et la géométrie, les tableaux et les cartes deviennent infranchissables.

Un geste qui reste à réinventer chaque fois

Un geste appris se construit en trois temps. On le planifie, on l’exécute, puis on l’automatise à force de répétition. Ensuite, on n’y pense plus. Vous ne réfléchissez pas à la façon de boutonner une chemise.

Chez l’enfant dyspraxique, la dernière étape ne se fait pas. Chaque geste doit être planifié consciemment, à chaque fois, comme si c’était la première. Cela explique une fatigue considérable et une lenteur qui n’a rien à voir avec la paresse.

Cela explique aussi la variabilité qui déroute tant les adultes. L’enfant réussit un jour et échoue le lendemain, ce qui fait croire à de la mauvaise volonté alors qu’il n’a simplement rien automatisé.

Ce qu'il ne faut pas confondre avec la dyspraxie

Un enfant maladroit n’est pas forcément dyspraxique. Ce qui compte, c’est l’écart durable avec les enfants du même âge et la gêne réelle dans la vie quotidienne. Et si seule l’écriture pose problème, on parle plutôt de dysgraphie.

Ne confondez pas non plus ses difficultés visuelles avec un problème de vue. La dyspraxie s’accompagne souvent de troubles neurovisuels : l’enfant explore mal une page, perd sa ligne ou saute des mots. Des lunettes n’y changent rien, c’est le déplacement du regard qui est touché, et un bilan orthoptique s’impose.

Nos ressources sur la dyspraxie

Trois packs lui sont consacrés, en maternelle, en primaire et au collège, avec vingt documents chacun.

Dyspraxie Maternelle

Dyspraxie Primaire

Dyspraxie Collège

Qui fait le bilan de dyspraxie ?

L’ergothérapeute et le psychomotricien sont les professionnels de référence. Le premier travaille surtout l’autonomie du quotidien et les compensations, le second le mouvement, le tonus et le schéma corporel. L’orthoptiste intervient sur la dimension visuelle, et le neuropsychologue sur l’organisation.

Ces bilans ne sont pas remboursés en libéral. Notre page sur le bilan détaille les dispositifs qui permettent d’éviter le reste à charge, dont la plateforme de coordination et d’orientation, qui concerne directement les moins de 12 ans.

Ce qui aide à la maison

Changez le matériel

Chaussures à scratch, vêtements amples, couverts adaptés, gobelet lourd, plutôt que plus d’efforts.

Décomposez en images

Chaque tâche en étapes courtes, affichées dans la salle de bains.

Une place pour chaque chose

L’enfant compense mal par la mémoire spatiale.

Prévoyez du temps

Plutôt que de presser. La précipitation dégrade tout.

Laissez-le faire seul

Même lentement. L’autonomie se construit geste par geste.

Les aménagements à l'école

Supprimez la copie autant que possible, fournissez les documents déjà tracés en géométrie, autorisez l’ordinateur, réduisez les exercices, et adaptez l’éducation physique plutôt que d’en dispenser l’enfant. Un PAP suffit dans la plupart des cas, un PPS devient nécessaire si du matériel financé ou une AESH sont en jeu.

Les questions que se posent les parents

Ce sont deux appellations pour une même réalité. Les classifications internationales retiennent aujourd’hui le terme de trouble développemental de la coordination, tandis que l’usage français courant garde dyspraxie.

Non, sauf avis médical contraire. La dispense l’isole et le prive d’un temps de motricité dont il a justement besoin. Demandez plutôt une adaptation des activités et une évaluation sur les progrès.

La décision se prend avec l’ergothérapeute, souvent vers le CM1 ou le CM2. Ce qui compte, c’est que l’apprentissage soit enseigné avec une méthode, et non découvert seul avec deux doigts.

Parce que rien n’est automatisé. Chaque geste doit être replanifié à chaque fois, et le résultat dépend donc de la fatigue, du stress et du contexte. Ce n’est pas un manque de volonté.