La dysorthographie chez l'enfant

La dysorthographie est un trouble durable de la production écrite et de l’orthographe. L’enfant connaît ses règles, il les récite sans erreur, et il ne parvient pourtant pas à les appliquer dès qu’il écrit un texte.

Cet écart est précisément ce qui caractérise le trouble.

Les signes de dysorthographie selon l'âge

Ils deviennent plus visibles à mesure que l’écrit prend de la place dans la scolarité.

Au CP et au CE1

Une écriture très phonétique qui persiste, et des mots mal découpés, collés entre eux ou coupés au mauvais endroit.

En primaire

Le même mot orthographié de deux façons dans la même page, des accords qui sautent dès que la phrase s’allonge alors qu’ils sont réussis en exercice, des productions écrites très courtes.

Au collège

Le volume d’écrit explose, les fautes plombent les notes dans toutes les matières, et les langues étrangères ajoutent une nouvelle orthographe à maîtriser.

Pourquoi les règles apprises ne servent à rien

Écrire un texte mobilise beaucoup de choses en même temps. Il faut trouver ses idées, construire ses phrases, retrouver l’orthographe de chaque mot, appliquer les accords et tracer les lettres.

Chez un enfant dysorthographique, l’orthographe n’est pas automatisée. Chaque mot lui coûte une décision consciente. Comme sa mémoire de travail est saturée, il abandonne les accords, oublie ce qu’il voulait dire, et produit un texte court et fautif alors qu’il avait beaucoup à raconter.

C’est pourquoi une dictée préparée peut être réussie et un texte libre catastrophique. Le trouble n’est pas dans les connaissances, il est dans la mise en œuvre.

Ce qu'il ne faut pas confondre avec la dysorthographie

Un enfant qui fait beaucoup de fautes n’est pas forcément dysorthographique. Ce qui compte, c’est la persistance malgré un enseignement et un entraînement normaux, et surtout l’écart entre les règles connues et leur application.

La dysorthographie accompagne très souvent une dyslexie. Elle peut aussi découler d’une dysgraphie : quand le geste d’écriture coûte trop, l’orthographe lâche. Le bilan permet de savoir d’où vient la difficulté, car les aides ne sont pas les mêmes.

Nos ressources sur la dysorthographie

Deux packs lui sont consacrés, en primaire et au collège, avec vingt documents chacun.

Dysorthographie Primaire

Dysorthographie Collège

Qui fait le bilan de dysorthographie ?

L’orthophoniste réalise le bilan. Il évalue l’orthographe lexicale, l’orthographe grammaticale, la production de texte et la vitesse d’écriture, en comparant les résultats à ceux des enfants du même âge. Ce bilan est pris en charge sur prescription.

Un bilan neuropsychologique complète parfois le tableau, en particulier lorsque la mémoire de travail semble en cause. Le diagnostic revient ensuite à un médecin formé.

Ce qui aide à la maison

L’oral avant l’écrit

Faites dicter le texte à voix haute avant de l’écrire. Les idées d’abord, l’orthographe ensuite.

Utilisez la dictée vocale

Celle de la tablette ou de l’ordinateur, pour les devoirs longs.

Une cible par relecture

Les accords du pluriel par exemple, plutôt que de tout corriger.

Oubliez le recopiage

Recopier au propre pour la beauté du cahier coûte un effort considérable pour un gain nul.

Le fond avant la forme

Valorisez le contenu à voix haute avant de parler de l’orthographe.

Les aménagements à l'école

L’orthographe ne devrait pas être notée hors du cours de français, et le temps supplémentaire s’impose sur toute production écrite. L’ordinateur avec correcteur orthographique change souvent la donne au collège, et le barème peut valoriser les idées plutôt que la forme. Ces mesures se demandent dans le cadre d’un PAP.

Les questions que se posent les parents

Oui. C’est moins fréquent, et souvent repéré tard, précisément parce que l’enfant lit bien. Un bon lecteur qui n’écrit pas mérite donc un bilan orthophonique au même titre qu’un autre.

Les dictées classiques, notées et sanctionnées, découragent sans faire progresser. Les formats où l’enfant cherche et corrige ses propres erreurs, avec le droit de consulter ses outils, sont bien mieux tolérés.

Non, c’est une compensation. Il faut toutefois apprendre à s’en servir, car un correcteur ne détecte pas les erreurs d’accord ni les confusions entre homophones.

Parce que l’orthographe lui coûte toute son énergie. Faites-lui dicter son texte à l’oral d’abord, vous verrez la différence de richesse immédiatement.